Anicet le Pors dans Le Monde

30 septembre 2007

 LE CONTRAT CONTRE LE CONCOURS

Le statut général des fonctionnaires a déjà subi de graves atteintes. C’est ainsi que la loi Galland du 13 juillet 1987 a réduit la comparabilité de la fonction publique de l’Etat et de la fonction publique territoriale, et par là les possibilités de mobilité de l’une à l’autre. A la même époque, la troisième voie d’accès à l’ENA, ouverte à des syndicalistes, des dirigeants d’associations et des élus locaux ayant fait la preuve de leur attachement à l’utilité commune, a été supprimée ; le droit de grève des fonctionnaires a été placé sous des contraintes restrictives ; le recours aux personnels contractuels a été élargi en infraction au statut général dans un contexte de privatisation et de déréglementation qui n’a pas cessé depuis.

L’entreprise annoncée aujourd’hui est autrement grave. En dénonçant le « carcan du concours » et en le mettant en balance avec le contrat, à l’instar de ce qui a été fait à La Poste, à France Télécom ou au GIAT avec les résultats que l’on sait (bureaucratie, division du personnel, financiarisation des objectifs), en prônant l’individualisation des rémunérations pour mieux esquiver les demandes de revalorisation de l’ensemble des organisations syndicales et encourager le clientélisme partisan sous prétexte de reconnaissance du mérite, en encourageant les départs de la fonction publique au bénéfice d’un humiliant « pécule », le président engage une véritable « contre-révolution culturelle » sans mandat du peuple français. Cela s’appelle une forfaiture.

Anicet Le Pors est ancien ministre de la fonction publique et des réformes administratives (1981-1984).

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Merci à E.G. de nous avoir signalé cet article. JJC

Libre ou inféodé ?

23 septembre 2007

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Veilleur ou acteur ?

22 septembre 2007

Une référence :

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Un essai de synthèse  :

 

« On ne peut pas tout faire mais on peut tout contrôler » (John Stuart Mill)

Montesquieu : distinguer faculté d’agir et faculté d’empêcher.

Nécessaire démarche de « rejet » complémentaire à une démarche de « projet ».

Vigilance, qui est à la fois contrôle et action : attention, mobilisation ; forme de présence au monde et aux choses.

Cette « présence »…
 … n’est pas :

  • exercice d’une volonté

  • prise de décision

  • maîtrise des situations

  • contrôle direct et interventionniste…

  … elle est plutôt :

  • créatrice de possibilités ou de limitations, en structurant le champ général d’action

  • attention au monde

  • optimisation du potentiel de situations

  • pouvoir « pastoral » (« conduire la conduite des autres » – FOUCAULT)

  • vigilance « inquiète et journalière »

  • fonction d’ « agenda » : aide les décideurs à établir l’ordre des priorités : « thermostat » régulateur des décisions

Fonction assurée par un « tiers vigilant » qui développe une forme de « pédagogie », évitant de s’enfermer dans l’une ou l’autre des impasses que sont la « nomocratie » ou le seul pilotage par l’« art de la gestion »

Le cœur de cette pédagogie : permettre à l’interlocuteur d’accéder à une meilleure maîtrise de soi et à une meilleure compréhension du monde (travail d’objectivation).

D’après Pierre ROSANVALLON, La contre-démocratie, Seuil, 2006.

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